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Kit prévention des VSST : « Les violences sexistes et sexuelles au travail représentent un risque professionnel à part entière »

Pour aider les entreprises à déployer une démarche complète de prévention des violences sexistes et sexuelles au travail, l’Anact publie un kit destiné aux référents et référentes désignés par l’employeur et le CSE. Entretien avec Amélie Pierre et Nathalie Gauvrit de l’Anact, qui ont coordonné son élaboration.

Actualités - Publié le 06 novembre 2025 - Modifié le 13 novembre 2025

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Interview Amelie Pierre Nathalie Gauvrit_ok

Interview Amelie Pierre Nathalie Gauvrit_ok

Pourquoi publier un kit dédié aux référentes et référents VSST ?

Nathalie Gauvrit - Les référentes et référents harcèlement sexuel et agissements sexistes sont aujourd’hui souvent désignés sans que les contours de leur mission ne soient suffisamment définis. Ils expriment ainsi un besoin fort d’appui et notamment d’accès à des conseils et outils opérationnels. C’est donc pour les aider que l’Anact a conçu un kit dédié. Il contient des conseils et outils pour cadrer leur mission et pouvoir d'agir. Ce kit a d’ailleurs été élaboré avec des spécialistes du sujet et testé auprès d'une trentaine de référents eux-mêmes. Son contenu peut également être utile aux employeurs, DRH et membres de CSE.

Des ressources sur les violences sexistes et sexuelles au travail existent déjà. Que proposez-vous de nouveau dans ce kit ? 

Amélie Pierre - Les entreprises se concentrent aujourd’hui sur l’idée que les violences sexistes et sexuelles au travail sont liés à des problématiques individuelles ou interpersonnelles. Elles élaborent des plans d’action axés sur ces dimensions : actions de sensibilisation, lutte contre les préjugés, repérage des personnalités à risque, etc.

Nous voulons souligner que certains facteurs de risques de VSST sont liés à la façon dont le travail est organisé et que les entreprises peuvent agir dessus pour faire de la prévention.

« Il faut considérer les violences sexistes et sexuelles au travail comme un risque professionnel à part entière, de la même façon que les risques psychosociaux. »

Nathalie Gauvrit

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agent Anact Nathalie Gauvrit

Agir sur l’organisation du travail pour éviter les violences sexistes « en amont », comment expliquer cette approche ?

AP - Ce parti pris se fonde sur les observations en entreprise. Celles-ci montrent que certaines situations de travail, certains contextes surexposent le personnel à des risques de VSST.  Les facteurs de risques peuvent relever de l’organisation du travail et de la répartition des activités : quand par exemple les métiers sont non mixtes, quand certaines tâches ou activités sont dévalorisées, quand le travail s’exerce sous pression. On observe aussi davantage de risques de VSST dans certaines conditions d’emploi et de travail. C’est le cas des statuts d’emploi précaires, du travail isolé, du manque d’autonomie ou des activités en lien avec le public. 

Les parcours professionnels et les relations de travail constituent un autre registre de facteurs de risques : les situations de fortes inégalités de salaire, la faible représentation de femmes aux postes à responsabilité, le manque de régulation managériale, créent un contexte propice à l’apparition de VSST. Enfin, certains horaires ou modes de travail (de nuit, en astreinte, en déplacement) présentent également des risques.

Comment cette approche se traduit-elle en matière de prévention ?

NG - Il faut considérer les violences sexistes et sexuelles comme un risque professionnel à part entière, de la même façon que les risques psychosociaux. Dans ce kit, l'Anact met à disposition des outils pour les évaluer en adaptant la démarche de prévention classique. Il donne des conseils pour organiser le travail de façon à limiter l’exposition aux facteurs de risques chaque fois que possible (prévention primaire), mais aussi pour reconnaître et détecter les situations à risques par des actions de formations et d’information adaptées (secondaire) et organiser le recueil et le traitement des signalements de VSST (tertiaire - fiches à paraître).

AP - Tout à fait. Nous avons souhaité proposer des outils très pratiques : modèle de lettre de mission à remplir, check-list pour repérer les facteurs de risques, exemple de cahier des charges pour organiser une formation, et des ressources de sensibilisation avec l'objectif de faciliter la mise en oeuvre d'une démarche complète.

L’essentiel du kit « Prévenir en amont les violences sexistes et sexuelles au travail (VSST) »

Le kit comprend 37 fiches organisées en 5 volets : 

  • élaborer le plan de prévention,
  • définir le rôle du référent,
  • prévenir les VSST en amont (prévention primaire),
  • reconnaître et détecter les VSST (secondaire),
  • traiter les signalements  (tertiaire) – fiches à paraitre en décembre 2025.