Fonderie Grandry Technicast : mieux se connaître pour mieux travailler ensemble
Dans la fonderie Grandry Technicast, un sondage mené en 2024 révèle que les salariés connaissent peu les autres métiers de l’usine. Avec l’appui de l’Aract Pays de la Loire, l’entreprise initie une première mesure QVCT : des visites internes pour rendre le travail plus visible et renforcer la compréhension mutuelle.
Actualités - Publié le 12 janvier 2026 - Modifié le 22 janvier 2026
Depuis 1848, Grandry Technicast fabrique des pièces de fonderie hydrauliques pour de grands donneurs d’ordre. Implantée à Sablé-sur-Sarthe depuis 1939, l’entreprise compte près de 110 salariés et une vingtaine d’intérimaires. En 2024, un sondage interne met en évidence une difficulté : les salariés maîtrisent leur poste, mais connaissent peu les autres métiers et services de l’entreprise.
Un besoin de vision d’ensemble
Ce sondage confirme une perception largement partagée : le travail des autres services est peu connu. Cette faible visibilité tient aussi à la configuration du site : les bureaux et les ateliers sont situés dans des bâtiments distincts, et l’atelier principal est segmenté par les machines. Le bruit, la taille du site et la circulation limitent également les interactions spontanées entre services.
Certains salariés, en poste depuis vingt ou trente ans n’ont jamais vu les services de modelage, de fusion, de noyautage, ou de parachèvement, ni les services supports comme le bureau d’études ou le commercial.
« Les salariés connaissaient très bien leur poste et leurs collègues proches, mais beaucoup n’étaient jamais entrés dans un autre atelier ou un autre service. », résume Pierre de Saulieu, Directeur des ressources humaines.
Ce manque de visibilité nourrit l’idée d’un “mur” entre les équipes et rend plus difficile l’intégration des nouveaux arrivants.
Pour répondre à ces difficultés, l’entreprise rejoint en juin 2024 le dispositif Action Co’QVCT porté par l’Aract Pays de la Loire et financé par l'État et la région Pays de la Loire. Action co’QVCT est un accompagnement collectif sur 5 mois qui réunit des binômes direction–salarié de TPE-PME pour construire et expérimenter des actions QVCT.
Au sein de Grandy Technicast, un groupe de travail de 6 volontaires, issus de différents services, est alors constitué. « On avait des personnalités très différentes, mais on représentait vraiment toute l’entreprise », souligne Pascal Chapon, responsable de l’atelier modelage, membre du CSE et du groupe de travail QVCT.
Des visites internes pour mieux comprendre le travail
Au fil de trois séances collectives menées sur site, un besoin se précise : mieux comprendre le métier des autres. Le groupe formule alors une première action concrète : organiser des visites internes pour donner à voir les activités, les contraintes et les contributions de chaque service.
Depuis janvier 2025, ces visites hebdomadaires réunissent, chaque lundi matin, un petit groupe de salariés issus de différents métiers. Accompagnés par un membre du groupe QVCT, ils parcourent les ateliers et bureaux en suivant le chemin d’une pièce de fonderie.
«Tous les responsables ont vraiment joué le jeu ! Ils ont préparé des supports et des visuels pour suivre la pièce et la contribution de leur service, du début à la fin de la fabrication », explique Pierre de Saulieu.
Un plan du site est remis aux participants en fin de visite pour faciliter l’appropriation de ces informations.
« Ce que je veux souligner, c’est l’intérêt de débuter une dynamique QVCT par une action qui parle à l’ensemble du personnel. Une première étape réussie facilite la mobilisation pour la suite et le déploiement de nouvelles actions. »
Des effets visibles sur la compréhension et les échanges
« On pense toujours que le voisin ne fait rien… mais en fait si !», constate Alexis, technicien de maintenance. Evelyne, cariste, partage son ressenti « J’ai découvert plein de choses. Je ne voyais que mon secteur. Pendant la visite, je me suis dit : ah oui, c’est vraiment une grosse usine…. »
Pierre de Saulieu relate également les propos d’un autre salarié initialement sceptique : « ces visites, je me disais que ça ne servirait à rien, après 25 ans passés ici. Finalement, j’ai appris des choses que je ne connaissais pas. »
Le constat est partagé : comprendre les gestes, les contraintes ou les délais des autres métiers réduit les incompréhensions et facilite les échanges. Les salariés situent mieux leur contribution dans l’ensemble de la production.
Une dynamique collective qui se poursuit
Fin 2025, une dernière partie des salariés doit encore participer aux visites, qui se poursuivent chaque semaine. Le groupe de travail QVCT envisage une nouvelle étape : intégrer durablement ces visites dans le parcours d’accueil afin de donner rapidement une vision globale de l’entreprise aux nouveaux, y compris aux intérimaires.
En quelques mois, Grandry Technicast a transformé une difficulté souvent invisible — la méconnaissance du travail des autres — en une première mesure QVCT.
Kit « Vis mon travail »
Action Co'QVCT